Bienvenue à l'épicerie italienne RAP de Paris, chez Alessandra Pierini.

24 février 2015

Trois verres au Gambero Rosso...

… ou quand deux frères napolitains se mettent à faire du vin en Toscane !

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En 1998, de guerre lasse, les frères Valle jettent l'éponge et liquident leur domaine agricole de Campanie. Comme un pied de nez aux vols et aux rackets incessants de la Camorra qui les chassent, nos agriculteurs vont troquer avec succès les céréales contre des vignes. Umberto et Bernardo Valle partent se réfugier à Campagnatico dans la province de Grosseto en Toscane, où ils acquièrent un petit domaine situé à l'intersection de l'appellation Morellino di Scansano et celle du Montecucco. Deux ans plus tard en 2000, les 13 hectares que compte désormais le domaine Poggio Trevalle – littéralement le coteaux des trois Valle pour Umberto, Bernardo et probablement le pater familias – sont plantés et fin prêt. Sur ces 13 hectares cultivés en biologique, 11 sont plantés en Sangiovese, que l'on appelle par ici Morellino. L'origine de ce Morellino est incertaine. Certains avancent que le nom viendrait de la race local de chevaux à la robe morello (marron), d'autre d'une variété locale de cerise noire appelée morello. Quoiqu'il en soit, sur ce versant méridional des collines de la Maremma Toscane rafraîchit par les embruns marins, le Morellino est chez lui et donne, lorsqu'il est bien travaillé, des vins à la typicité affirmée très séduisante. D'instinct, les frères Valle ont bien cerné ce cépage autochtone. Au domaine, peu de travail de la terre pour garder au sol son élasticité et son imperméabilité. Les vendanges se font à la main et le travail à la cave est peu interventionniste. Les levures sont indigènes, la première fermentation se fait en cuve inox à température contrôlée, la fermentation malolactique en cuve ciment ou foudres de chêne pour le Sangiovese et l'Alicante. Les vins ne sont assemblés qu'après cette seconde fermentation.

Les vins de l'appellation Morellino di Scansano (85% Sangiovese minimum) se boivent jeunes. Ceux du domaine Poggio Trevalle se distinguent par leur cohérence, leur fraîcheur particulièrement agréable et un rapport qualité-prix attractif.

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Chez Rap, Alessandra propose deux cuvées des frères Valle, le Morellino di Scansano Pàssera et le Morellino di Scansano Poggio Trevalle. Le premier est un vin pour tous les jours qui a du corps tout en étant agréablement fruité et frais. Il est parfait sur des charcuteries, des pâtes ou des risotto au ragoût de viande. Le second, consacré par 3 verres dans l'édition 2015 du Gambero Rosso, est élégant et racé. A la fois épicé et fruité, il convient aux plats de pâtes et risotto aux légumes et aux champignons qu'il magnifie. A essayer dès aujourd'hui !

 

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17 février 2015

Bomboloni di Carnavale !

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Mardi Gras, c'est aujourd'hui ! A Venise, ce sera l'apothéose du carnaval 2015 ! Ce jour, qui clôt la « semaine des sept jours gras », est l'excuse idéale pour goûter à quelques douceurs traditionnelles. L'année dernière nous vous proposions une recette de frittelle, petits beignets frits typiques de la cité lacustre, qui compte de nombreuses spécialités comme les crostoli, les castagnole et les galani. Aujourd'hui, honneur aux enfants avec une recette de bomboloni fourrés au chocolat. Les bomboloni sont des beignets à pâte levée, fourrés à la crème pâtissière ou toute autre pâte à tartiner et frits dans l'huile bouillante. Un régal très régressif !

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Ingrédients pour 20 bomboloni

400 g de farine (dans l'idéal faire moitié Manitoba, moitié farine normale), 50 g de beurre, 70 g de sucre, 100 ml d'eau, 130 ml de lait, 10 g de levure boulangère, le zeste d'une orange, 1 gousse de vanille, 5 g de sel, 1 jaune d'œuf, l'huile de friture, sucre semoule, crème de gianguia Cioccolato Italiano en vente chez Rap.

Dissoudre la levure dans l'eau. Ajouter 100 g de farine. Bien travailler et mettre à lever pendant 1 heure sous un torchon. Sortir le beurre du frigo. 

Pétrir ensuite votre pâte à la main (ou au robot électrique) en ajoutant 2 cuillerées à soupe de farine, le jaune d'œuf et la moitié du sucre. Pétrir encore et ajouter l'autre moitié du sucre. Incorporer petit à petit le lait, le reste de la farine et le sel (à la fin). Travailler la pâte environ 25 minutes qu'elle devienne élastique. Ajouter ensuite la vanille, le zeste d'orange et le beurre. Former une boule qui ne doit pas coller au plan de travail. Laisser reposer 1h45 sous un torchon.

Reprendre votre boule. Retravailler un peu et laisser encore reposer 40 minutes.

Etaler ensuite la pâte en lui conservant une épaisseur de 1,5 cm. Avec un emporte-pièce, faire des ronds de 7 cm de diamètre. Couvrir de film plastique et laisser lever 1 heure vos "rondelles". 

Dans une casserole à fond haut, porter l'huile à 170°C. Faire frire les ronds de pâte et veillant à les retourner pour qu'ils sont dorés sur chaque face. Lorsqu'ils sont gonflés et dorés, les sortir de l'huile et les mettre sur du papier absorbant avant de les saupoudrer de sucre semoule. Laisser refroidir.

Former votre bomboloni en collant 2 morceaux frits avec de la crème de gianduia.

Il ne vous reste plus qu'à vous délecter du spectacle de vos enfants de régalant de vos bomboloni....

 

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11 février 2015

La Stoppa, étape obligée du buveur "nature" !

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L'hiver a enveloppé le domaine de La Stoppa et les collines environnantes d'un manteau de brumes givrées. Ici, sur les reliefs autour de Piacenza, le froid peut être vif en février, et la neige abondante. Au domaine pourtant, personne pour s'en plaindre. La morsure de l'hiver est une bénédiction pour la vigne. Parasites et maladies ne lui résistent pas. Un traitement de santé pour les 30 hectares de vignes de La Stoppa, dont l'essentiel sont cultivés en biodynamie !

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Elena Pantaleoni fait partie de ces femmes vignerons dont le nombre augmente proportionnellement au développement d'une culture raisonnée de la vigne. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? La majorité d'entre elles sont guidées par la préoccupation, plus marquée que chez leurs collègues masculins, de transmettre aux générations futures un patrimoine intact. Devant ses vieilles vignes dont certains pieds ont près de 100 ans, Elena Pantaleoni a l'humilité de ceux qui savent que le temps d'une vie ne dure qu'un instant à l'échelle de la nature. Pour Elene Pantaleoni, cela fait d'elle le dépositaire d'un bien à préserver et à transmettre intact.

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Au domaine de La Stoppa, la vigne s'épanouit ainsi au rythme de la nature. L'équilibre des sols et de la plante sont préservés de toutes interventions chimiques. La viticulture biodynamique bannit les produits de synthèse. Le sol est travaillé par labours, griffages et binages pour aider les racines à y descendre profondément. L'échange vivant entre la biologie du sol et tout le système racinaire de la vigne qui en résulte, permet l'expression tangible du terroir dans le fruit. Barbera, bonarda, cabernet sauvignon, trebbiano et malvasia expriment les "entrailles", la typicité d'un terroir et d'un climat. Les vins y gagnent en plénitude.

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A la cave, l'œnologue Guilio Armani fait preuve du même respect. Levures indigènes exclusivement, pas de manipulations inutiles, pas de collage, pas de filtration, élevage en cuves inox et fûts selon. Au final, des vins à la personnalité entière qui séduisent de plus en plus de monde. Alessandra a été la première à Paris à les proposer à la cave de l'épicerie. Depuis, avec le coup de pouce du film de Jonathan Nossiter "Résistance Naturelle", les vins d'Elena Pantaleoni sont devenus la coqueluche des restaurateurs et des amateurs de vins naturels. A juste titre ! Le Trebbiolo (60% barbera et 40% bonarda) élevé 12 mois en cuve inox et le Stoppa (40% cabernet sauvignon, 40% merlot, 20% autres cépages bordelais) élevé 14 mois en barriques et 2 ans en bouteilles, deux rouges intenses, vous révèlent des arômes dont vous ne soupçonniez pas la complexité chez les vins émiliens.

Les vins de La Stoppa sont chez Rap  !

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05 février 2015

Lille aime la polenta !

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Plus de 40 curieux se sont pressés mardi soir à Lille pour découvrir la polenta ! La polenta de maïs est une préparation pratiquement inconnue par ici.

Dans l'élégant cadre de l'établissement lillois Il Ristorante, Alessandra a préparé deux recettes extraites de son Petit Précis de Polenta (éditions du Pétrin) : les frites de polenta comme un clin d'œil à nos Ch'tis grands amateurs de pommes frites et les gnocchi à la Bottura! 

 

 

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Pour ne pas être accaparé 1 heure devant les fourneaux, Alessandra a invité son auditoire à préférer la polenta pré-cuite. Celle qui remporte ses suffrages est la semoule de maïs Sala Cereali produite dans la Valtellina, et que vous trouvez chez Rap. Cette polenta de qualité supérieure ne prend pas plus de 5 minutes à cuire. Pour relever son goût, Alessandra rajoute un bouillon cube de légumes à l'eau de cuisson. Ensuite, il suffit de remuer en veillant à ce que la polenta n'accroche pas le fond. Si cela vous arrive, surtout ne le raclez pas ! Le goût de votre polenta en serait ruiné. Pour la consistance de votre polenta, à vous de juger. Il vous suffit de rajouter de l'eau si vous la désirez plus liquide. Veillez à ce que l'eau que vous ajoutez pendant la cuisson soit bien chaude. Petit touche finale avant de verser votre polenta à refroidir sur un plat, une belle poignée de parmesan qui la relèvera délicieusement ! Vous pouvez alors confectionner frites et gnocchi. Au couteau pour les premières, à l'emporte-pièce pour les seconds. Vous trouverez la marche à suivre dans le Petit Précis de Polenta, ainsi que la recette de la sauce qui accompagne les gnochis. Nos Lillois ont découvert avec intérêt que la polenta accompagne avantageusement les plats en sauce ... de saison par le froid qui semble s'installer ! Et que boire avec la polenta ? Pour Alessandra, sans hésiter : un Franciacorta !

 

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Après une dégustation pleine d'appétit, nos participants ont pu se faire dédicacer leurs Petits Précis par l'auteur, Petits Précis qui sont désormais en vente au Furet du Nord, la grande librairie dont la façade anime la magnifique Grand Place. 

Un grand merci à Serena Galvani, à Gérard Macé le directeur d'Il Ristorante Lille et toute son équipe pour ce bon moment !

 

 

 

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02 février 2015

Figues de Barbarie en confiture !

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Quel est ce pays "la Barbarie" ? Ce sont les historiens arabes les premiers qui employèrent le nom Barbarie pour désigner la côte des Barbaresques, actuel littoral d'Afrique du Nord. Est-ce dont là la patrie de celle que l'on nomme figue de Barbarie et qu'on appelle là-bas figue des Chrétiens ? Avant de coloniser le bassin méditerranéen, cette figue encore appelée figue d'Inde – voir figue du diable – poussait exclusivement sous le soleil mexicain ! Des légendes incas en attestent. Et devinez un peu qui l'a ramenée par chez nous ? Je vous le donne en mille, Christophe Colomb à qui l'on doit aussi le maïs, la tomate, le tabac et le piment entre autre !

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La figue de Barbarie est le fruit de l'Opuntia ficus-indica, un cactus qui peut dépasser les deux mètres et dont les tiges sont pareilles à des raquettes hérissées de redoutables piquants. L'opunce est lui même recouvert de picots appelés glochides, qui en complique la cueillette et la consommation. Mais la récompense est à la mesure de l'exploit : pour un apport énergétique modéré (44kcal pour 100gr), la figue de Barbarie est riche en anti-oxydant (plus que l'huile d'argan à priori !), vitamine C (22mg/100g), calcium (46mg), potassium (183mg), magnésium (28mg), phosphore, et elle a de surcroit une forte teneur en fibres insolubles (à consommer donc avec modération par les personnes aux intestins fragiles) ! Sans compter qu'elle est succulente malgré ses nombreux pépins.

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Dans le maquis du Parc régional de Porto Selvaggio dans les Pouilles, Margherita Diviccaro, dite Titti, fait pousser sur un lopin de terre rocailleuse pas plus grand qu'un mouchoir de poche, des figuiers de Barbarie. La chair du fruit qu'ils lui donnent est magenta et acidulée. Son parfum tient de la rose, de la groseille, de la griotte et du raisin à la fois. Et que fait Titti avec sa production d'opunzie ? La plus exquise des confitures que vous puissiez imaginer. A peine sucrée (20%), sans pectine ni autres conservateurs, cette confiture, produit de niche s'il en est, nous fait découvrir un fruit si peu familier et pourtant bien séduisant ! Au petit-déjeuner, en dessert accompagnée de ricotta ou pour parfumer une panna cotta, la confiture de Titti ne déshonorera ni un tartare de poisson ni une grillage de poulpes ou de seiches ! A essayer de toute urgence ! En exclusivité chez Rap.

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27 janvier 2015

A la recherche de l'or vert de Calabre.

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A ne pas confondre avec la bergamotta, petite poire sauvage, le bergamotto ou citron bergamote fit la richesse de la Calabre avant l'arrivée des parfums de synthèse. Aujourd'hui, les vergers des rares cultivateurs qui en perpétuent encore la culture s'étirent sur une bande de terre longue de 100 km au pied du massif d'Aspromonte (littéralement mont âpre) le long de la côte calabraise. Et il faut toute la détermination de cette poignée de passionnés pour que nous, parisiens, puissions nous enivrer du parfum suave de l'écorce de cet agrume amère.

Note de tête d'une eau de Cologne griffée Farina dont on s'arrachait les flacons à prix d'or au XVIIIe, parfum intimement lié au Earl Grey dont il était censé diminuer l'action excitante du thé noir, arôme qui fit le succès des célèbres confiseries de Nancy, l'essence de bergamote connu un âge d'or qui perdura jusqu'à l'aube des années 60. Les vergers d'Aspromonte assurent toujours 95% d'une demande mondiale en très forte diminution. La récolte qui démarre au mois de décembre se fait à la main pour ne pas risquer d'abîmer les fruits. Il faut environ 200 bergamotes pour un litre d'huile essentielle. C'est dire les conditions d'un travail (mal rétribué) qui ne trouve plus preneur. Pourtant, cet agrume, hybride naturel d'un citron et d'un orange amère, pourrait se révéler plus rentable qu'il n'y paraît grâce à ses vertus thérapeutiques encore largement inexploitées. A titre d'exemple, le jus de bergamote diminuerait de façon significative l'excès du mauvais cholestérol. Plus anecdotique, l'essence de bergamote a des effets bronzants, mais appliquée directement sur la peau elle se rélève photosensibilisante voire dangereuse. Soyez prudents ! Les saisonniers le savent bien qui reviennent des campagnes de récoltes hâlés et parfois brûlés ! Au temps où l'économie de la bergamote tournait à plein régime, un artisanat aujourd'hui disparu prospérait en marge de celui de l'essence de bergamote. En plus de son parfum, l'écorce de bergamote a la propriété de devenir aussi dure que du bois en séchant et peux aisément être sculpté. Confectionnés par des mains habiles, les petites bourses à tabac de Varapodio s'exportaient jusqu'en Amérique ! Quelques irréductibles essayent d'en perpétuer l'artisanat, à l'image de ce dialecte fait d'italien et de grec ancien, que l'on entend encore dans les ruelles de Galiciano, témoignage d'une lointaine Magna Grecia.

Tentés par une cure de bergamote ? C'est chez Rap que ça se passe : les bergamotes en provenance de Calabre y sont belles et bio ! Pourquoi ne pas les cuisiner ? La bergamote se marie merveilleusement à la sardine notamment. N'hésitez pas à demander des suggestions de recettes à Alessandra !

 

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25 janvier 2015

Rap à Maison & Objet

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Cette année le salon Maison & Objet fait une petite place à l'épicerie fine dans son Studio Cook + Design hall 3, où Rap a installé son stand jusqu'à mardi. Alessandra y expose une sélection de produits artisanaux qu'elle vend dans son magasin de la rue Fléchier dans le 9e.

stand

Elle participe aussi à quelques tables rondes qui animeront le salon tout au long de sa durée. Vendredi, elle était conviée avec Toshiro Kuroda de l'épicerie japonaise Issé et Cie à tenter ensemble une réponse à la question qui en laisserait plus d'un perplexe : la mondialisation permet-elle encore de découvrir des saveurs d'ailleurs ? Heureusement, Estérelle Payany, la pétillante journaliste aux commandes, est venue au secours de nos deux intervenants en la reformulant. Il a donc été question du rôle de l'épicier dans un marché dominé par les grandes enseignes, ainsi que de l'évolution de la demande d'une clientèle curieuse et de plus en plus pointue.

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Tant Alessandra que M. Kuroda se vivent comme des intermédiaires entre des artisans producteurs passionnés et une clientèle exigeante à la recherche de la qualité que seuls offrent un savoir-faire et un geste respectueux tant de la tradition que de la matière première. L'épicerie fine est le lieu de cette rencontre. En forme de clin d'œil, M. Kuroda avance que depuis l'ouverture de son épicerie en 2003, il a reçu plus de 200 étoiles ! Alessandra confirme que les chefs étoilés fréquentent assidûment son épicerie en quête de produits d'exception et de conseils.

L'un comme l'autre ont constaté au fil des années le développement de la culture gastronomique de leur clientèle. M. Kuroda aime à penser qu'il y est un peu pour quelque chose, lui qui depuis 10 ans tient un petit cahier de statistiques personnelles. Il peut ainsi s'enorgueillir d'avoir fait déguster son saké à plus 50 000 personnes ! Alessandra constate de son côté que les questions de sa clientèle se font de plus en plus précises, qui veut tout savoir d'un terroir, des modes de fabrication, de la diversité des formes de pâtes par rapport à leur provenance, etc. Tous deux reconnaissent aussi que l'engouement des Français tant pour la cuisine japonaise qu'italienne suit les circonvolutions de l'histoire. Au XVIIIe siècle, il y eut en France le « boum » du japonisme nous rappelle M. Kuroda. Plus près de nous, dans les années 80, le Japon a de son côté fait venir de nombreux chefs français, qui a leur retour au bercail ont vanté les trésors de la gastronomie japonaise. Pour l'Italie, il faut se rappeler les grandes vagues d'émigration du XIXe et début du XXe siècle. Plus de 27 millions d'Italiens ont quitté l'Italie pour des raisons économiques emportant avec eux leurs traditions culinaires. Considérée longtemps avec hauteur, la gastronomie italienne fait aujourd'hui l'unanimité. Sans compter qu'entre la France et l'Italie, du fait de la proximité géographie et culturelle, les ponts entre les deux cuisines sont nombreux.

Dans un monde où la rentabilité est devenue le seul étalon de valeur au détriment de la qualité, où la machine a supplanté l'homme, où le temps s'est comprimé, le coût de la fabrication artisanale est élevé. Et, il n'est pas difficile à nos deux épiciers de le faire comprendre à une clientèle informée, sans compter que peu des artisans producteurs dont ils proposent les produits rentrent dans leur frais. Mettre 27 euros dans une sauce de soja de 3 ans d'âge ne paraît plus excessif, et à peine plus pour un vinaigre balsamique de 30 ans d'âge !

Pour ce qui est des tendances actuelles, tant M. Kuroda qu'Alessandra s'accordent pour dire que la demande de produits typés et aromatiques se fait de plus en plus marquée. Ce qui semblent ravir nos deux fins limiers rompus à la chasse aux trésors gastronomiques de leur pays d'origine.  

 

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20 janvier 2015

Besoin de vitamines ?

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Source de vitamine C (et A dans une moindre mesure), les agrumes qui réunissent sous leur bannière clémentines, mandarines, oranges, sanguines, pamplemousses, citrons, cédrats et autres bergamotes, sont nos alliés de l'hiver qui tiennent les rhumes à distance. Protégés par une peau rugueuse gorgée d'huiles essentielles allant du vert clair au rouge orangé en passant par le jaune le plus vif, ces agrumes à la chair juteuse nous apportent un peu de soleil, dont ils ont adopté, à l'échelle du fruit, la forme et la palette flamboyante des rayons. Chez Rap, le soleil qu'ils diffusent est celui de Syracuse et dAmalfi ! Citrons et bergamotes pour le premier, cédrats pour le second, dont Alessandra vient tout juste de recevoir un arrivage. Certains de ces cédrats d'Amalfi pèsent 2 kg !

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Dodu et bosselé, le cédrat, seul agrume annuel, est une sorte de citron géant à la peau verruqueuse épaisse. Premier citrus cultivé, le cédrat est originaire d'Asie. En Chine, on en remonte la trace au quatrième millénaire av. J-C. Bien plus tard, les savants qui accompagnent Alexandre le Grand dans son expédition en Perse l'y découvrent, et en ramènent chez eux des pépins et des plants, avec ceux du bigaradier, du bergamotier et du cerisier. En Perse toujours, le cédrat a inspiré l'un des plus anciens motifs de l'art islamique, le Thorandj, qui décore mosaïques et tapis persans. C'est dire son rang ! Les Romains lui prêtent de multiples pouvoirs, et s'en servent comme anti poison. (En Martinique, le cédrat était encore utilisé il n'y a pas si longtemps contre les morsures du trigonocéphale, un redoutable serpent.) Dans la liturgie hébraïque, le cédrat compose le bouquet rituel. Dans le sud de l'Italie, son pouvoir, plus encore que celui du citron, reste grand, lui qui protègerait du redouté mauvais œil ! Depuis plus de 2000 ans, la culture du cédrat a irrigué l'imaginaire, fruit à la couleur et au parfum remarquables, dont le nom vient de l'odeur de son écorce qui rappelle celle du cèdre, autre souverain du règne botanique s'il en est !

Quelque peu délaissé, le cédrat réserve aujourd'hui ses arômes aux alambics de quelques parfumeurs et bouilleurs de crus, ainsi qu'aux ateliers de quelques confiseurs. Quel dommage ! Le cédrat a pourtant toute sa place en cuisine, avec le poisson, en tajine, dans des salades sur-vitaminées. En face de Naples, sur l'île de Procida surnommée « l'île aux citrons », on les déguste en salade. Débarrassés de leur zeste, les cédrats sont coupés en fines rondelles (contrairement à ce que l'on a coutume de penser le « blanc » autour de la pulpe est neutre et non amer) juste arrosées d'une pluie de sel et d'un filet d'huile d'olive ! Pour plus d'idées cuisine, n'hésitez pas à demander conseil à Alessandra !

Voici déjà une recette de marmelade de cédrats tirée du blog des mains à la pâte. A essayer ! 

marmelade

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13 janvier 2015

Rêve de blanc...

Il paraît que les anges sont blancs. Blancs alors les Charlie fauchés mercredi et qui nous regardent peut-être de là haut. Blanche la bannière de la paix, la magie quand elle est bien intentionnée et tente de nous les ressusciter, blanche la pierre qui marque ce dimanche qu'on n'est pas prêt d'oublier...

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Blanche aussi la farine, si douce et délicieuse ! Et, il en est une qui surpasse toutes les autres. Moulue à la pierre, son parfum et sa saveur intenses sont sans équivalents. Voici 120 ans que la famille Quaglia perpétue la tradition. Dans son moulin situé dans la plaine du Pô près de Padoue, la quatrième génération de Quaglia sélectionne, mélange et moud son grain comme ses ancêtres, à la différence qu'elle est aujourd'hui aidée par une technologie performante et guidée par une solide formation universitaire. Les meules de pierre ne sont plus actionnées par Éole, ni le dieu des cours d'eau, mais une installation ultra moderne. Ce procédé préserve les qualités nutritionnelles du grain. Riche en fibres, en sels minéraux et en protéines, cette farine de blé tendre moulue à la pierre est aussi plus digeste et mieux tolérée par les personnes sujettes aux intolérances alimentaires. Farine d'excellence, elle est aussi plus « forte ». C'est-à-dire qu'elle est plus riche en gluten, ce qui permet une meilleure levée de la pâte, plus élastique et moelleuse. Rappelez-vous, la farine dite « de force » est indispensable aux préparations de longue lévitation (jusqu'à 72 heures) comme les pizza, focaccia et autre panettone, ainsi que certains types de pain et les brioches aux œufs et au beurre.

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Chez Quaglia, tout est aussi plus simple. Les types « farine 00 » ou « farine T55 » sont remplacés par une numérotation de 1 à 9. A chaque numéro, son utilisation spécifique. Le paquet n°1 pour le pain, le n°2 pour la pizza, etc. On ne peut pas se tromper ! Et si vous avez un doute, Alessandra est là pour vous guider.

Farines Petra en exclusivité chez Rap pour des pizza dignes d'un pizzaiolo napoletano !

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05 janvier 2015

À nous Bruxelles...

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Passée la trêve des confiseurs, Alessandra part sur les routes en ce début 2015. Première escale au Salon Maison&Objet de Paris Villepinte du 23 au 27 janvier. Pour ses 20 ans, le salon innove avec le Studio Cook + Design, événement culinaire sur 250m2 (Hall 3). Le salon y proposera un éclairage particulier sur le nouveau visage de l'épicerie fine. Invitée, l'épicerie Rap y occupera un emplacement de choix. A ne pas manquer !

La première semaine de février (date encore à préciser), Alessandra sera à Lille pour une signature du Petit Précis de Polenta (éd. Du Pétrin). Invitée par Serena Galvani, directrice du réseau Il Ristorante, Alessandra proposera dans l'établissement lillois (51 rue des Tanneurs) une dégustation/dédicace autour de la polenta. La même semaine, vendredi 6 février (20h), Alessandra sera au Centre Italiance (Paris 9e), où elle vous convie à un périple de 2 heures au cœur de la Toscane gourmande, avec dégustation de produits et spécialités de là-bas. Réservez (06 66 68 08 24 ou info@centre-italiance.org) votre place pour ce voyage des sens dans une région bénie des dieux !

Quatrième escale, Bruxelles ! Courant février (date encore à préciser), Alessandra sera chez Mmmmh! pour un cours de cuisine dédié à la polenta, ainsi qu'une séance de dédicaces des Petits Précis. Friand de gastronomie italienne, le public belge découvrira à son tour les saveurs insoupçonnées de la polenta. Personnalité incontournable de la scène gastronomique bruxelloise, Carlo De Pascale, co-fondateur de Mmmmh!, chaperonnera notre italo-marseillaise-parisienne (lui-même napolitano-champenois-bruxellois !). À nous Bruxelles, à nous l'Europe !

Sans compter qu'Alessandra pourrait bien être du Paris Cookbook Festival qui se tiendra du 19 au 22 février au Carrousel du Louvre avec son Petit Précis de Parmigiano en lice pour le Cookbook Award 2015. Elle attend confirmation de sa participation d'un jour à l'autre !

 

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